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«Love, peace, unity et homophobie» : Arte se penche sur la murder music

(Selon la chaîne de télévision franco-allemande, «considérer ces textes comme faisant partie de la culture jamaïcaine constituerait une forme de mépris envers les droits de l’homme car la philosophie du reggae prône bien autre chose»)

Paris, le lundi 3 novembre 2008
Communication n°TR08SOC33

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Arte/ Tracks (le magazine des musiques et des cultures qui ne tiennent pas en place)/ Vendredi 19 septembre/ Spécial Virilité/ Au menu, les hommes, les vrais. Mais de nos jours, ma pauvre dame, comment s’y retrouver ? Entre géants tatoués et métrosexuels dernier cri, Tracks traque le mâle pop d’aujourd’hui [...] ./ Love, peace, unity et homophobie/ En Jamaïque, où l’homosexualité est passible de prison, les dancehalls sont friands de refrains homophobes et les violences contre les gays se multiplient. Enquête auprès des stars locales : Beeni Man, Gentleman, Tanya Stephens et Sizzla [...] .
http://www.arte.tv/fr/2100166.html
http://www.gayclic.com/articles/tracks_l_homophobie_en_jamaique.html

0’00 - Commentaire de la journaliste - Pologne, Russie, Iran, Nigéria, la liste des pays hostiles aux homosexuels est longue. En Jamaïque, par exemple, tout reste à faire. L’homosexualité est interdite par la loi et la violence contre les homos est tolérée par la société. Une réalité que la musique pop jamaïcaine reflète parfaitement. Certains textes incitent ouvertement à l’assassinat d’homosexuels. Dennis Carney, Jamaïcain d’origine, vit à Londres. Il milite pour les droits des homos. [A l’écran - Deux hommes s’embrassent. Images de Jamaïque. Un jeune enfant noir passe dans une rue du ghetto avec sur le mur un graffiti : «David was killed for no reason. Dennis Carney marche dans les rues de Londres puis est assis chez lui - légende : Dennis Carney - Black Gay Men’s Advisory Group.]

0’26 - Dennis Carney - Il y a eu de nombreux cas où des lesbiennes et des gays sont morts à la suite d’agressions. Les agresseurs chantaient ces chansons tout en frappant leurs victimes.

0’41 - Commentaire de la journaliste - Depuis 2004, plusieurs organisations dont OutRage! ont lancé la campagne Stop Murder Music contre ces textes qui incitent à la violence. Les musiciens jamaïcains les plus homophobes sont Sizzla, Beenie Man, Bounty Killer et Elephant Man. Des propos qui n’ont rien de métaphorique et qui n’ont rien à voir non plus avec le parler des ghettos. Plusieurs concerts ont donc été interdits. [A l’écran - Clip de Sizzla (?) - Pancartes reprenant des propos de Beenie Man, Bounty Killer, Buju Banton et Elephant Man : «Tuez tous les homos... Brûlez tous les pédés... A mort les tapettes...»]

1’04 - Dennis Carney - Je trouve que c’est un grand succès pour cette campagne. Je considère que ces artistes n’ont pas le droit d’interpréter ce genre de chansons sur scène. Si un artiste disait : «Il faut tuer et lyncher tous les Noirs... ou tous les Blancs», il serait bien sûr interdit.

1’24 - Commentaire de la journaliste - En 2007, à l’initiative d’OutRage!, quelques artistes de dancehall signent le Reggae Compassionate Act, un document sur lequel ils s’engagent à ne plus diffuser de propos homophobes. Mais Beenie Man et Sizzla ne respectent toujours pas cet engagement qu’ils ont pourtant signé. Leurs concerts sont régulièrement refusés. Récemment, Sizzla s’est même vu signifier l’interdiction d’entrer sur le territoire de l’Union européenne. Cela n’a pas empêché le musicien reggae allemand Gentleman d’enregistrer sa chanson, «Lack of Love», avec Sizzla. [A l’écran - Un clip de Beenie Man : «Product of the Ghetto».]

1’56 - Gentleman - «Lack of Love», cela veut dire tout simplement que la société a besoin de plus de respect, de plus d’amour... et de plus de compréhension. Sizzla est un type très accessible, contrairement à ce qu’on croit. Je suis vraiment un fan. Sa musique m’inspire depuis des années. Même si parfois il part dans des délires avec lesquels je ne suis pas d’accord. En ce qui me concerne, sur mes albums, je suis toujours du côté des minorités. Quelqu’un comme Sizzla sait qu’avec certains textes, il ne sera pas le bienvenu sur mes albums. C’est pour ça que la chanson s’appelle «Lack of Love», manque d’amour. C’est une incitation à la coopération. [A l’écran - Clip de Gentleman et de Sizzla : «Lack of Love» - Gentleman dans les rues jamaïcaines.]

2’40 - Commentaire de la journaliste - Certains y verront une manière de cautionner ceux qui prêchent la violence. Gentleman, lui, essaie de faire bouger les choses en souplesse, sans passer par la confrontation directe. A l’opposé, voici Tanya Stephens. Dans ses chansons, elle tire à boulets rouges sur la discrimination des homosexuels [A l’écran - Tanya Stephens (sur scène, chantant «Do You Still Care») - «Il a été sauvé par une voiture avec une plaque «Gay Pride»... Une balle dans la tête, il y serait resté... Sauvé par ceux que tu voulais tuer ! Leur manière de se fringuer te dérange toujours ? Tu aurais préféré qu’ils te laissent mourir ?»]

3’16 - Tanya Stephens (à la journaliste) - Avant que l’album ne sorte, les critiques me disaient : «Tu as sans doute l’intention de quitter la Jamaïque, quand on entend ce que tu chantes.» J’ai trouvé ça surprenant. Ce n’est pas la Jamaïque que je connais. Je vis en Jamaïque et je connais bien ce pays. J’ai des amis gais qui vivent en Jamaïque. Il y a des tas de gais en Jamaïque et ils ne sont font pas agresser. Les gens viennent me voir dans le ghetto pour me dire : «Je n’avais jamais vu les choses comme ça. Je suis heureux que tu m’aies ouvert les yeux.» Ils comprennent que ce sont des hommes comme les autres et ils l’acceptent.

3’46 - Tanya Stephens (sur scène, chantant) - «La où Bigga a grandi, les garçons sont des durs et collectionnent les filles... Quand la douleur lui tirait les larmes, sa mère lui disait : Chiale pas comme une fille ! - Real boys don’t cry!»

4’00 - Tanya Stephens (à la journaliste) - Je suis convaincue que les hommes en Jamaïque sont élevés comme des machos. Des types qui manquent de sensibilité, qui doivent toujours afficher leur virilité. Voilà pourquoi leur structure mentale ne peut pas intégrer l’homosexualité, surtout celle des hommes. C’est assez drôle, les lesbiennes sont acceptées. Il y a un fossé entre les deux. Il y a l’homosexualité masculine et les lesbiennes. Mais en réalité, il y a des homosexuels et des hétérosexuels... et en fin de compte on est tous pareils ! - And it’s all the same!

4’38 - Commentaire de la journaliste - Au ghetto, beaucoup vivent dans la misère. Pour tous ces laissés pour compte, la puissance virile est souvent le seul moyen permettant de s’affirmer. Depuis l’époque coloniale, les esclaves devaient engendrer une nombreuse progéniture. Ceux qui ne le faisaient pas passaient pour des petites natures ou pour des homos. Aujourd’hui, les prédicateurs jamaïcains continuent d’affirmer que l’homosexualité est un péché. [A l’écran - Des veilles femmes jamaïcaines, des coupeurs de canne à sucre jamaïcains, des scènes de choeurs de gospels.]

5’00 - Tanya Stephens (à la journaliste) - c’est l’Eglise qui est à l’origine de l’homophobie. C’est évident quand on relit dans la Bible l’histoire de Lot. La famille de Lot vivait à Sodome et Gomorrhe. Le passage raconte que des anges sont venus rendre visite à la famille de Lot. Les hommes de la ville voulaient coucher avec ces anges masculins. Mais Lot leur a dit : «Ne couchez pas avec ces hommes, je vous donnerai mes filles». Les hommes ont répondu : «Non. Nous ne voulons pas de tes filles, nous voulons ces hommes». Alors Dieu a détruit la ville par le feu. C’est le récit le plus homophobe et le plus violent que je connaisse.

5’33 - Commentaire de la journaliste - c’est d’après ces extraits de l’Ancien Testament que des Rastas particulièrement violents comme Sizzla justifient leur hostilité vis-à-vis des homosexuels. Quand une religion légitime la violence, il convient de la remettre à sa place. Actuellement, les choses semblent en voie d’évolution. [A l’écran - Population noire et métisse dans les rues jamaïcaines.]

5’58 - Dennis Carney - Je crois que le débat a déjà commencé. Quand j’étais en Jamaïque il y a quatre ans, les journaux en parlaient tous les jours. On commence à voir des effets positifs en Jamaïque. La police réprime les insultes et les agressions contres les lesbiennes et les gais, ce qui était impensable auparavant. [A l’écran - Touristes blancs portant des dreadlocks et achetant des vêtements dans les marchés jamaïcains.]

6’25 - Commentaire de la journaliste - Faute de comprendre le reggae jamaïcain, beaucoup de fans de reggae et de dancehall ne sont pas conscients du caractère homophobe de certaines paroles. Considérer ces textes comme faisant partie de la culture jamaïcaine constituerait une forme de mépris envers les droits de l’homme. Car la philosophie du reggae prône bien autre chose. [A l’écran - Concert de Gentleman en Jamaïque.]

6’48 - Gentleman - Les minorités doivent être défendues et non pas persécutées. C’est fondamental dans le reggae. Ecoute les textes de Bob Marley. Le reggae s’en prend au système dans lequel on est tous plus ou moins obligés de vivre. Prend «I Shot The Sherif» par exemple. C’est une chanson que les classes moyennes et les classes des gens riches ont reprise en choeur. Et tout le monde se disait que Bob Marley est un grand pacifiste. Il faut remettre en question ce que les parents, les profs et les curés nous ont inculqué... et ça c’est quelque chose que j’ai appris avec les Rastas. [A l’écran - Clip de Gentleman : «Different Places».]  - 07’32







Pour Tjenbé Rèd
(Stop Murder Music France)
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