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Amnesty International, AIDES, FIDH, Inter-LGBT, Tjenbé Rèd et SI-LGBT appellent à la libération immédiate et inconditionnelle de neuf hommes condamnés le 7 janvier 2009 à huit ans de prison ferme



Paris, mercredi 14 janvier 2009
Communiqué de presse n°TR09INT01

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Amnesty International, AIDES, FIDH (Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme), Inter-LGBT, Tjenbé Rèd (Mouvement civique pour l’action & la réflexion sur les questions noires, métisses & LGBT en France ultramarine & hexagonale) & SI-LGBT (Solidarité internationale lesbienne, gay, bi & trans) appellent à la libération immédiate & inconditionnelle de neuf hommes condamnés le 7 janvier 2009 à huit ans de prison ferme pour «conduite indécente & actes contre nature & association de malfaiteurs». Pour les associations, il s’agit de prisonniers d’opinion puisqu’ils ont été jugés uniquement sur la base de leur présumée conduite sexuelle.

Les neuf hommes ont été arrêtés à Dakar le 19 décembre 2008 après avoir été l’objet d’accusations anonymes concernant leur comportement sexuel. Les officiers de police ont fait une rafle dans l’habitation de Diadji Diouf, secrétaire général de AIDES Sénégal, une organisation de prévention du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH).

La cour a considéré que cette organisation était une couverture & qu’elle «recrutait» ou rassemblait des individus pour des activités sexuelles avec comme prétexte de mener des programmes de sensibilisation & de prévention du VIH/sida. Le juge a prononcé de lourdes sentences - plus sévères que celles demandées par le procureur - seulement quelques minutes après la fin des débats, démontrant que les preuves apportées par la défense n’étaient pas convenablement & adéquatement examinées. Les avocats ont fait appel le 9 janvier 2009.

Amnesty International, AIDES, FIDH, Inter-LGBT, Tjenbé Rèd & SI-LGBT exhortent les autorités sénégalaises à abroger la loi criminalisant les conduites sexuelles consentantes entre personnes du même sexe.

Les autorités sénégalaises devraient aussi mettre fin à l’incitation à la discrimination, à l’hostilité & à la violence contre des individus sur la base de leur réelle ou supposée implication dans des pratiques ou actes sexuels avec des personnes du même sexe et/ou sur leur identité de genre, en accord avec les normes internationales interdisant la discrimination & l’appel à la haine.

Selon la loi pénale sénégalaise, «quiconque aura commis un acte indécent ou contre nature avec une personne du même sexe sera condamné à un emprisonnement de 1 à 5 ans & à verser une amende de 100.000 à 1.500.000 francs CFA. Si l’acte a été commis avec une personne âgée de moins de 21 ans, la peine maximale devra toujours être appliquée». En août 2008, deux hommes avaient été jugés à deux ans d’emprisonnement par une cour de Dakar sur ces mêmes charges. Ces charges criminalisent les individus sur la base de leur présumée implication dans des conduites sexuelles consentantes & privées, en violation des obligations du Sénégal en matière de droit international des droits humains. L’accusation de conspiration (association de malfaiteurs) a souvent été ajoutée à d’autres accusations dans le but d’alourdir la sentence. Ces arrestations & sentences se produisent dans un climat de croissante hostilité à l’égard des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles & transgenres (LGBT) au Sénégal, qui prend la forme d’arrestations arbitraires, harcèlement & discriminations.

En décembre 2008, à quelques jours de l’arrestation des neuf hommes, des attaques avaient été lancées dans les médias contre la communauté LGBT à l’occasion de la 15ème Conférence internationale sur le sida & les infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA/CISMA). En février 2008, neuf hommes & une femme étaient arrêtés & d’autres risquaient de l’être, suite à la condamnation dans la presse d’un «mariage gay», pendant lequel certains d’entre eux avaient été photographiés. L’article faisait appel aux «valeurs sénégalaises» comme étant opposées à l’homosexualité. Des commentaires, publiés par la suite sur les sites web locaux, demandaient que les hommes soient tués. Par conséquent, plusieurs individus ont été forcés de fuir le pays.







Pour Tjenbé Rèd !
Mouvement civique pour l’action & la réflexion
sur les questions noires, métisses & LGBT
en France ultramarine & hexagonale
Le président, David Auerbach Chiffrin
tjenbered@hotmail.fr
06 10 55 63 60


CONTEXTE : Lors de la Conférence ICASA de décembre 2008 à Dakar, l’épidémie du VIH/sida parmi les HSH en Afrique subsaharienne avait été discutée comme l’une des questions importantes nécessitant des solutions. Les sessions sur les HSH à la Conférence de Dakar ont été acclamées, s’agissant de la première fois que la question était abordée à une conférence ICASA - le plus grand rassemblement africain d’activistes & chercheurs sur le VIH/sida. En tant que tel, l’inclusion de discussions sur les conduites HSH à la conférence de ICASA avait semblé marquer un changement positif dans les attitudes./ L’une des sessions sur ce thème a mis l’accent sur la difficulté de la recherche & la quête de solutions pour l’épidémie en Afrique. L’un des chercheurs de l’Université de Lagos au Nigeria a affirmé que la criminalisation de l’homosexualité est un obstacle significatif pour atteindre les HSH en Afrique, & en particulier en Afrique de l’ouest. Peu de HSH se présentent par peur de stigmatisation, de discrimination & des conséquences légales./ Cette politique répressive pourrait même dissuader des hommes & femmes hétérosexuels de demander des informations & des services concernant leur santé sexuelle par peur de subir une stigmatisation similaire. Les récentes arrestations & peines sévères infligées aux activistes HSH par les autorités sénégalaises ne peuvent qu’alimenter ces peurs.

zeboutik
     

     
© TJENBÉ RÈD ! Mouvement civique pour l’action & la réflexion sur les questions noires, métisses & LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) en France ultramarine & hexagonale
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Signataire de l’Appel pour un moratoire universel sur la peine de mort lancé le 6 août 2007 par la Coalition mondiale contre la peine de mort
Signataire du pacte interassociatif Ni Pauvre, Ni Soumis du 4 février 2008
Soutien du collectif DroitsEtProstitution
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