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Manifeste
Paris, le 5 juillet 2004 (modifié le 11 juillet 2006)
Communication n°ANA2004/


Dans l’imagerie populaire, les Antilles et l’Amérique latine apparaissent souvent comme une région qui, malgré les difficultés économiques, demeure joyeuse, souriante et accueillante.

Mais les fantasmes exotiques cachent une réalité autrement sinistre. En effet, c’est sans doute la région du monde où s’exerce le plus l’homophobie sociale. Ainsi, au Brésil, 1.960 meurtres homophobes ont été perpétrés entre 1980 et 2000 (soit 98 par an). Au Mexique, 213 meurtres homophobes ont été répertoriés entre 1995 et 2000 (soit 43 par an). Dans la plupart des anciennes colonies britanniques, les lois anti-sodomie sont encore en vigueur ; au Guyana, les prévenus risquent la perpétuité. En Jamaïque, de nombreux chanteurs de reggae, de ragga ou de rap lancent de véritables appels aux meurtres contre les chi chi men (les pédés) ; Beenie Man, par exemple, chante qu’il «rêve d’une nouvelle Jamaïque qui en vienne à exécuter tous les gais». Dans ce pays, le 9 juin dernier, le militant gai Brian Williamson a été assassiné.

Heureusement, le tableau n’est pas totalement noir. A Cuba, après des décennies de répression active, ce dont témoigne l’écrivain Reinaldo Arenas, Fidel Castro semble s’engager désormais dans une politique de tolérance (très) relative. Au Mexique, Distrito Federal, lesbienne déclarée, a récemment été élue à la chambre des députés. La Gay Pride de Saõ Paulo rassemble aujourd’hui plus de 200.000 personnes et, après l’Afrique du Sud, l’Equateur est devenu le deuxième pays au monde à inclure dans sa constitution une condamnation des discriminations homophobes.

Cependant, malgré ces quelques signes encourageants, la situation générale des lesbiennes, des gais, des bi et des trans reste dans tous ces pays extrêmement préoccupante.