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Lexique de la Fédération Total Respect | Tjenbé Rèd



Ce lexique est mis à jour de façon continue sur le site Internet de notre fédération, Total Respect - Tjenbé Rèd Fédération (tjenbered.fr/lexique). Il est libre de droits sous réserve de citation de l’auteur (Total Respect - Tjenbé Rèd Fédération) et de la date de référence. - Version du 3 juin 2011

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ANDROGYNIE - Caractère de ce qui présente une ambiguïté de genre, une incertitude quant à l’appartenance au genre masculin ou féminin. - Voir Genre, Identité de genre, Queer.

ASEXUALISME - Caractère d’un être asexué. Dans les années 2000, ce terme prend également, cependant, le sens d’une sorte de doctrine refusant les rapports sexuels.

BISEXUALITÉ - Voir Orientation sexuelle.

COMING-OUT (ajout du 14 juillet 2012) - Également appelé «sortie du placard», c’est-à-dire la révélation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre minoritaire d’une personne par elle-même à ses proches ou à un plus large public. À ne pas confondre avec le «outing», qui vise à la même révélation mais qui est effectué par un tiers sans l’accord de la personne concernée, à des fins hostiles (politiques ou diffamatoires). - Voir Outing.

COMMUNAUTARISME - Voir Universalisme républicain.

CONTRÔLE SOCIAL (THÉORIES DU CONTRÔLE SOCIAL) - Les théories du contrôle social, proches du marxisme, postulent que la société est divisée entre une classe dominante et une classe dominée et que la première s’efforce de contrôler la seconde en la divisant par des institutions de répression (comme le mariage, la religion, la démocratie représentative) ou des idéologies (comme les racismes ou les homophobies) afin de la détourner de la compréhension et de la déconstruction du processus qui fonde sa domination. Selon ces théories, l’insulte raciste ou homophobe est un instrument privilégié de contrôle social dans la mesure où, inculquée dès la prime enfance au cœur même du vocabulaire communément admis, elle naturalise ou essentialise les idéologies qui la sous-tendent (elle leur donne l’apparence de réalités naturelles, éternelles, s’imposant à la culture, n’étant donc pas susceptibles d’être modifiées ou remises en question). - Voir Genre et Insulte (modifié le 6 octobre 2012)

CIOM - Conseil interministériel de l’outre-mer (du 6 novembre 2009), ayant conclu les ÉGOM. - Voir ÉGOM.

DIFFÉRENTIALISME (ajout du 7 août 2011 d’après l’article correspondant sur Wikipédia) - Mouvement de pensée naturaliste. Certains détracteurs considèrent que le différentialisme est par principe essentialiste. Pierre Tevanian dans «La mécanique raciste» estime que le différentialisme «désigne toutes les idéologies qui se fondent sur des différences réelles ou imaginaires pour justifier une différence dans les droits reconnus aux uns et aux autres», ajoutant : «Le discours différentialiste se présente toujours comme la valorisation d’une différence (par exemple la différence des sexes ou la différence culturelle) et comme la volonté de la “préserver”.»

ÉGOM - États généraux de l’outre-mer (du 19 février au 6 novembre 2009), conclus par le CIOM. - Voir CIOM.

ESSENTIALISME (ajout du 7 août 2011 d’après l’article correspondant sur Wikipédia) - Appellation imprécise qui recouvre les doctrines qui s’attachent à l’étude de l’essence - ce qui fait qu’un être est ce qu’il est - par opposition aux contingences - ce qui est accidentel, dont l’absence ne remet pas en cause la nature de cet être. Le terme n’a pas la même signification selon qu’il soit employé en biologie ou en philosophie... Selon ses détracteurs, l’essentialisme biologique servirait de base idéologique au ségrégationnisme, en considérant des différences établies pour la commodité pratique comme différences de «nature» entre les hommes. En d’autres termes, des repères purement conventionnels seraient confondus avec des différences qualitatives et «naturelles». Selon les critères retenus pour établir ces discriminations, on parlera alors de sexisme, de racisme, d’homophobie...

GENRE (THÉORIES DU GENRE) - Les théories du genre visent à démontrer que la domination des hommes sur les femmes est construite (c'est-à-dire culturelle donc modifiable) et non naturelle (c'est-à-dire éternelle donc impossible à changer). Une visée seconde des théories du genre est de démontrer que le comportement masculin est, lui aussi, construit, ainsi que le comportement féminin : il devient alors légitime d'être un homme sans adopter le comportement reconnu comme masculin, d'être une femme sans adopter le comportement reconnu comme féminin.

Plus précisément - Le terme de genre est à l’origine utilisé en grammaire et correspond en langue française, laquelle usuellement ne connaît que le masculin et le féminin, à ces deux sexes. Pour faire simple, le genre, c’est le sexe. Les choses ne sont cependant pas si simples, justement, et l’on peut garder présente à l’esprit la plus grande diversité des genres que l’on observe dans d’autres langues comme l’allemand (qui ajoute le neutre). Le terme de genre est ainsi sorti de la grammaire pour entrer dans le vocabulaire politique ou militant et désigner les assignations de genre qui obligeraient une personne de sexe masculin à se comporter de telle manière à raison de ce sexe, une personne de sexe féminin à se comporter de telle autre manière à raison de cet autre sexe. C’est le fer à repasser en plastique que l’on offre comme... jouet (sic) aux petites filles, c’est l’arme en plastique que l’on offre comme... jouet (sic) aux petits garçons, c’est l’antienne (la formule sans cesse répétée) que l’on adresse à ces derniers lorsqu’ils se font mal : «Un homme, ça pleure pas !» C’est encore, bien évidemment, l’assignation à choisir des femmes comme objet de son émoi lorsqu’on est un homme et, inversement, des hommes lorsqu’on est une femme. Les militant/e/s féministes et LGBT dénoncent ces assignations (ces clichés ou ces injonctions de genre), en estimant qu’ils sont construits par la société, dans une logique de répression religieuse ou politique, et qu’ils briment sans autre motif la liberté de choisir son comportement ou l’objet de son émoi. Les discours relatifs à la déconstruction de ces clichés de genre (c’est-à-dire à la démonstration de leur origine culturelle, religieuse ou politique et non naturelle) sont parfois appelés théories du genre. Une autre dimension de ces théories explore la diversité des identités physiologiques ou psychologiques de genre (voir Identité de genre). Ces théories trouvent également une forme d’aboutissement paradoxal dans les théories du queer, lesquelles contestent la notion même de genre ou proposent son éclatement. Les théories du genre peuvent être décrites comme une branche des théories du contrôle social. - Voir Contrôle social et Queer (modifié le 6 octobre 2012)




GROUPES À RISQUE ou POPULATIONS À RISQUE - Au début de la lutte contre le sida, des groupes de victimes - les «4 H» : homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et Haïtiens - ont rapidement émergé que l’on a appelé «groupes à risque». Cette notion a été contestée comme stigmatisante (d’un point de vue moral) et inefficace (du point de vue de la prévention). Elle s’est parfois trouvée remplacée par celle de pratiques à risque ou de comportements à risque puis par celle d’instants à risque ou de moments à risque. - Voir Instants à risque et Pratiques à risque.

HARSAH - Voir HSH.

HERMAPHRODISME - Caractère de ce qui présente simultanément des traits morphologiques génitaux propres aux genres masculin et féminin.

HSH - Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (on trouve parfois, dans la littérature associative ou scientifique québécoise, l’abréviation HARSAH). Cette notion est particulièrement pertinente concernant les populations afro-caribéennes où bien souvent les personnes qu’elles désignent ne se reconnaissent pas comme homosexuelles ou bisexuelles et échappent aux messages de santé publique diffusés par l’État ou les associations. Elle recouvre aussi les pères de famille qui peuplent les lieux de consommation sexuelle en plein air aux quatre coins de l’Hexagone et que l’on reconnaît immanquablement au siège rehausseur pour bébé à l’arrière de leur véhicule.
HOMONATIONALISME (ajout du 31 juillet 2011, modifié le 27 septembre 2012) - Alliance surprenante entre le discours raciste ou nationaliste et le discours de libération des personnes LGBT.

[4] 30 septembre 2004 - National-socialisme et homosexualité (par Michael Kühnen, éditions Ars Magna)
www.tjenbered.fr/2004/20040930-89.pdf

[3] 1er août 2011 - Du bon usage de l’indignation ou la tranquille montée de l’homonationalisme (Réponse à une tribune publiée le 15 juin dans «Le Monde») - Communication n°TRF2011-09G
http://www.tjenbered.fr/2011/20110731-00.pdf [fr]
http://leplus.nouvelobs.com/
http://makoume.yagg.com/2011/08/01/homonationalisme/
http://blogs.tetu.com/outre_mers_et_pairs/2011/08/01/homonationalisme/
http://www.lepost.fr/
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-bon-usage-de-l-indignation-ou-98401

[2] 9 juillet 2011 - Judy Minx, cervix compris (par Éric Loret pour Libération)
http://next.liberation.fr/cinema/01012348016-cervix-compris
http://www.tjenbered.fr/2011/20110709-79.pdf

[1] 24 mai 2011 - Quand le nationalisme flirte avec les gays (Dialogai)
http://www.dialogai.org/article.php?sid=1400
http://www.tjenbered.fr/2011/20110524-79.pdf




HOMOPARENTALITÉ(S) [également : TRANSPARENTALITÉ(S)] (ajout du 14 juillet 2012) : Ensemble de situations diverses concernant les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres) qui ont des enfants ou souhaitent en avoir. Elles peuvent avoir eu des enfants de façon classique (dans le cadre d’une relation hétérosexuelle durable et antérieure à leur coming-out, typiquement un mariage ayant duré une dizaine d’années entre 20 et 30 ans), de façon un peu moins classique (par adoption ou dans le cadre d’une relation hétérosexuelle plus ou moins ponctuelle entretenue par un homme et une femme plus ou moins hétérosexuel/le/s ou bisexuel/le/s, par exemple : un homme homosexuel et une lesbienne qui ont une tendance bisexuelle et souhaitent concevoir un enfant ensemble) ou enfin de façon plus novatrice (par exemple par don de sperme pour une lesbienne ou un couple de lesbiennes ou par gestation pour autrui pour un homme homosexuel ou un couple d’hommes homosexuels).

HOMOPHOBIE (ou HOMOPHOBIES si l’on souhaite distinguer les différentes LGBT-PHOBIES : LESBOPHOBIE, GAIPHOBIE, BIPHOBIE, TRANSPHOBIE) - Rejet des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres) fondé sur des motifs religieux, moraux ou démographiques.

HOMOSEXUALITÉ - Voir Orientation sexuelle.

IDENTITÉ DE GENRE (plus rarement : IDENTITÉ SEXUELLE) - Concept forgé par certaines associations de personnes trans en opposition à celui d'orientation sexuelle, pour expliquer que leurs revendications (principalement, fin 2012 : le libre accès au changement d'état civil et aux traitemements hormonaux et chirurgicaux) ne doivent pas être confondues avec celles des personnes homosexuelles (principalement, fin 2012 : l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe).

Plus précisément - Genre social, le plus souvent masculin ou féminin, parfois intermédiaire (les deux : voir Androgynie ou Hermaphrodisme ; aucun des deux : voir Asexualisme) ou placé dans le refus de cette dichotomie (voir Queer), auquel une personne affirme appartenir. Dans l’immense majorité des cas, l’identité de genre d’une personne correspond à son genre biologique : une personne née avec la vingt-troisième paire de chromosomes XY aura été élevée comme un homme et se définira comme tel, une personne née avec la vingt-troisième paire de chromosomes XX aura été élevée comme une femme et se définira comme telle. Il y a cependant des exceptions à cette dichotomie (à cette stricte répartition entre deux catégories distinctes et exclusives l’une de l’autre). Ces exceptions constituent des variations ou des anomalies (en prenant ce dernier terme dans le sens statistique de variation rare et non dans le sens moral de déviance regrettable ou répréhensible). Elles peuvent être d’ordre physiologique (touchant à la morphologie visible du corps, à son apparence, à la présence de tel ou tel organe) ou d’ordre psychologique (touchant à la perception, à l’intime conviction de la personne concernée ou éventuellement, selon certains discours scientifiques par ailleurs contestés, à la chimie génétique ou hormonale du cerveau). On trouve par exemple des personnes présentant d’autres types de vingt-troisième paire de chromosomes : X0, XXX, Y0, XXY, XXYY, XXXY, XXXXY, XXX/XY ou XYY... Ainsi, certaines personnes sont porteuses de testicules mais aussi d’un vagin et d’une poitrine féminine qu’elles développent à la puberté ; elles sont alors stériles et dépourvues d’ovaires, ce qui est rarement détecté à la naissance, et sont le plus souvent reconnues et élevées comme des filles puis des femmes par leur milieu familial ; c’est le plus souvent à la puberté que l’absence de règles déclenche des investigations médicales qui permettent d’identifier la situation, ce qui peut être la source d’un grand trouble psychologique chez les personnes concernées mais aussi dans leur entourage. De tels cas relèvent de phénomènes physiologiquement observables et reconnus comme tels : on pourrait parler de variations physiologiques de l’identité de genre. D’autres cas relèvent d’une conviction intime et profonde ressentie parfois dès la prime enfance et dont le caractère physiologique ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique (certaines théories médicales ou biologiques, parfois violemment discutées par les personnes concernées, évoquent par exemple une variation hormonale ou génétique durant la phase de détermination sexuelle de l’embryon) : on pourrait alors parler de variations psychologiques de l’identité de genre (sous réserve de bien se garder de confondre ici psychologique et psychiatrique : l’écart par rapport à la moyenne du sentiment d’appartenance ou de non-appartenance à tel ou tel genre est un fait de nature psychologique, puisqu’il relève d’un sentiment, sans constituer pour autant une pathologie, malgré certaines normes internationales qui vont malheureusement en ce sens). Ainsi, certaines personnes nées avec la paire de chromosomes XY ont la conviction intime et profonde qu’elles appartiennent en réalité au genre féminin (on parle parfois, selon les abréviations anglophones, de personnes MTF ou M2F, male to female, ou FTF ou F2F, female to female) ; certaines personnes nées avec la paire XX ont la conviction intime et profonde qu’elles appartiennent en réalité au genre masculin (on parle parfois, selon les abréviations anglophones, de personnes FTM ou F2M, female to male, ou MTM ou M2M, male to male). De façon générale, les personnes dont le genre social correspond au genre biologique sont appelées cisgenres (parfois, l’abréviation bio est utilisée) ; les personnes dont le genre social est différent du genre biologique ont historiquement été qualifiées de travesties puis transsexuelles mais les appellations de transgenres ou transidentitaires semblent en 2011 faire l’objet d’un meilleur consensus (l’abréviation trans a le mérite d’éviter des discussions terminologiques souvent aporétiques). Ces personnes peuvent prendre des hormones de synthèse correspondant à leur genre d’appartenance (c’est-à-dire au genre social auquel elles revendiquent d’appartenir) afin de réprimer les caractères sexuels correspondant à leur genre biologique. Les abréviations anglophones no-ho, pre-ho, post-ho, no-op ou pre-op sont alors parfois utilisées pour, respectivement : personnes n’utilisant pas d’hormones et ne souhaitant pas en utiliser ; personnes n’utilisant pas d’hormones et souhaitant en utiliser ; personnes utilisant des hormones ou en ayant utilisé et envisageant éventuellement de se faire opérer ; personnes ne souhaitant pas se faire opérer ; personnes souhaitant se faire opérer (elles peuvent également suivre un traitement chirurgical, auquel cas l’expression post-op pourra être utilisée). L’expression de personne travestie pourra être adéquate pour certaines personnes no-ho qui se sentiront «elles-mêmes» en revêtant, dans la vie de tous les jours ou en certaines circonstances, les vêtements généralement reconnus comme caractéristiques de leur genre d’appartenance. L’expression de personne transsexuelle pourra être adéquate pour certaines personnes pre-ho, pre-op ou post-op qui entrent ou sont entrées dans une démarche irréversible ou difficilement réversible de changement de leur corps. Certaines personnes transgenres ou transsexuelles ne souhaitent plus être qualifiées ainsi et ne se revendiquent plus comme telles à partir d’un moment qui peut être variable, le plus souvent lorsqu’elles sont post-op (elles estiment en effet être alors, simplement, des hommes ou des femmes). Dans tous les cas, il convient de s’adresser aux personnes concernées en utilisant leur genre d’appartenance : en cas de doute, il convient d’employer des formulations neutres ou plus simplement de demander à la personne le genre qu’elle souhaite que l’on utilise en s’adressant à elle ; en cas d’erreur ou de lapsus, il convient de se reprendre de suite. Par goût de la spéculation, on peut noter qu’un paradoxe des théories de l’identité de genre est de contester les normes de genre (les barrières entre les genres) tout en les confortant. En effet, les personnes transgenres exigent que leur intime conviction d’appartenir à un genre différent de leur genre biologique ou du genre social auquel la société les assigne soit respectée : ce faisant, elles contestent bien l’assignation de genre dont elles sont l’objet mais se délivrent à elles-mêmes une autre assignation de genre. Les barrières de genre ne sont alors pas niées ni même neutralisées mais simplement subordonnées à la liberté de choix de la personne, ce qui constitue certes un progrès mais ne vient pas radicalement mettre en cause la fabrication continue des normes de genre à l’œuvre dès la prime enfance. Ce paradoxe est cependant relatif, dans la mesure où certaines personnes transgenres revendiquent de naviguer entre les genres voire de s’en affranchir. Toutefois, se définir comme transgenre semble bien supposer de passer d’un genre à un autre donc de continuer à se référer à la notion de genre que seule la théorie queer se propose de supprimer. - Voir Genre et Queer (modifié le 6 octobre 2012)

Dossier Existrans (par Total Respect)
http://www.tjenbered.fr/dossiers/existrans.pdf




IDENTITÉ SEXUELLE (modifié le 27 septembre 2012) - Appelation vivement critiquée par les associations trans mais utilisée par certains universitaires pour désigner ce qu'elles appellent identité de genre.

INSTANTS À RISQUE ou MOMENTS À RISQUE - Après les concepts de groupes à risque (dans les années 1980) puis de pratiques à risque (dans les années 1990), le concept d’instants à risque (fin des années 2000) vient, timidement, renouveler la prévention du VIH et du sida en mettant en avant les moments privilégiés de transmission du virus : ruptures sentimentales, parcours migratoire, exposition aux drogues ou à l’alcool, accidents de la vie, première expérience sexuelle ou découverte de la sexualité... Ce concept s’accompagne paradoxalement d’un retour de celui de groupes à risque : à la fin des années 2000 et au début des années 2010, la surprévalence massive rencontrée dans certaines populations (HSH ou personnes migrantes) ne peut plus être ignorée... même si elle peut toujours, singulièrement concernant les HSH, être déniée. - Voir Groupes à risque et Pratiques à risque.
IMS - Intervention en milieu scolaire.

Plus précisément - Modalité de prévention des homophobies. - Ajout du 14 octobre 2012

2 novembre 2010 - Dossier IMS (Tjenbé Rèd Prévention)
http://www.tjenbered.fr/dossiers/ims.pdf




INSULTE - L’insulte homophobe et sexiste est une sorte de résumé littéralement frappant des arguments homophobes et sexistes. Elle permet, sans devoir exposer de nouveau ces arguments, de maintenir par la terreur ou le mépris qu’elle inspire les personnes concernées dans une situation de domination, qu’elles soient elles-mêmes des femmes, des personnes LGBT ou simplement des personnes sympathisantes. Selon les théories du genre, l’insulte homophobe ou sexiste est la première assignation de genre, l’instrument privilégié de l’intégration au vocabulaire d’une population donnée, dès sa prime enfance, des principes qui légitiment la répression politique et religieuse des femmes et des personnes LGBT. L’insulte raciste procède exactement de la même logique à l’encontre des minorités raciales : il est cependant saisissant de voir que cette communauté est rarement perçue de ces dernières qui utilisent comme les autres les insultes homophobes et sexistes. - Voir Genre.

INTERSEXUALITÉ ou INTERSEXUATION ou AMBIGUÏTÉ SEXUELLE - Voir Identité de genre.

LGBT - Voir Personnes LGBT.

ORIENTATION SEXUELLE - Attirance intime d’une personne donnée pour des personnes du même genre - masculin ou féminin - qu’elle (on parle d’homosexualité) ou du genre opposé (hétérosexualité) ou des deux genres alternativement ou simultanément (bisexualité).

Plus précisément - La bisexualité, assumée ou plus souvent dissimulée, semble - en proportion et toutes choses égales par ailleurs - plus fréquente dans les populations afro-caribéennes, à l’inverse de l’homosexualité stricto sensu qui semble moins fréquente : cela pourrait s’expliquer, d’une part, par une pression sociale plus forte qu’ailleurs pour le mariage et la parentalité et, d’autre part, par une inhibition moins forte que parmi la population générale concernant les pratiques sexuelles mais - paradoxalement - plus forte concernant les discours sur les pratiques sexuelles. Cet état de fait explique l’importance du concept de HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, voir HSH) dans nos communautés africaines et ultramarines. La notion d’orientation sexuelle est questionnée voire combattue par la théorie queer (voir Queer). Elle se distingue par ailleurs de la notion d’identité de genre : ainsi, une personne transgenre de genre biologique masculin mais de genre social féminin, c’est-à-dire une femme transgenre, sera dite hétérosexuelle si elle est attirée par des hommes. - Voir Identité de genre (modifié les 14 juillet et 6 octobre 2012)




NOIRISME - Exaltation de la couleur de peau noire supposément destinée à redonner une fierté aux populations ayant cette couleur après qu'elles aient subi l'esclavage ou la colonisation, qui tourne parfois à l'affirmation d'une supériorité de ces populations et, corrélativement, d'une infériorité des autres, en particulier des personnes de couleur blanche ou d'origine européenne ("L'homme blanc est un diable"). S'appuie souvent sur l'affirmation hasardeuse que les pharaons d'Égypte étaient noirs et sur l'étude revisitée de leur histoire. Auteur de référence : Cheikh Anta Diop. Certains critiques parlent, non sans intention polémique, d'afronazisme. - Ajout du 27 septembre 2012

OUTING - Révélation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre minoritaire d’une personne par un tiers sans l’accord de cette personne, à des fins hostiles (politiques ou diffamatoires). L’outing s’assimile à un viol et ne doit pas être confondu avec le «coming-out», qui vise à la même révélation mais qui est effectué par la personne concernée à ses proches ou à un plus large public. - Voir Coming-out (ajout du 14 juillet 2012)

PÉDÉRASTIE - Dans plusieurs sociétés premières ou anciennes ou dans la Grèce antique, modalité institutionnelle ou traditionnelle d’éducation d’un jeune homme, adolescent ayant entamé sa puberté, par un homme adulte, pouvant inclure des relations sexuelles au sens contemporain de l’expression.

Plus précisément - Souvent confondue avec l’homosexualité ou avec la pédophilie, a donné l’une des insultes les plus courantes de la langue française en France, «pédé», qui amalgame d’ailleurs et ainsi les trois notions (voir Insulte). La pédérastie se distingue cependant de l’homosexualité au sens contemporain du terme dans la mesure où la première est une institution ayant pignon sur rue (qui ne choquait personne et reposait sur une tradition initiatique hiérarchisée pouvant éventuellement se rapprocher de l’amitié virile au sens contemporain du terme), alors que la seconde est socialement réprimée et repose sur un lien égalitaire entre deux adultes : même si le terme d’homosexualité n’existait pas alors, une relation «homosexuelle» masculine impliquant des relations sexuelles en Grèce ou dans la Rome antiques aurait probablement été réprimée avec une intensité comparable à celle observée de nos jours mais selon des arguments différents, le critère de réprobation concernant les seuls citoyens masculins acceptant d’être sexuellement pénétrés. Les femmes citoyennes et la majorité esclave de la population, n’étant pas des hommes ou pas vraiment, ne se voyaient pas même dignes d’intérêt à cet égard. Ainsi, la relation pédérastique devait s’achever au terme de la puberté du jeune homme concerné, devenu homme à part entière, sous peine d’être dénoncée comme abusive. On pourrait imaginer des relations pédérastiques de même nature entre femmes mais il ne semble pas que de tels cas soient historiquement documentés. - Voir Pédophilie (modifié le 6 octobre 2012)




PÉDOPHILIE - Attirance intime d’une personne adulte pour un enfant n’ayant pas entamé ou achevé sa puberté.

Plus précisément - La pédophilie est souvent assimilée à l’homosexualité alors même que la plupart des personnes pédophiles sont des hommes attirés par de jeunes filles : l’Église catholique, gravement mise en cause ces dernières années en raison de viols pédophiles avérés de nombre de ses prêtres, a elle-même encouragé cet amalgame en proposant comme solution... l’exclusion des personnes homosexuelles de ses séminaires ! La pédophilie est également assimilée à la pédérastie : l’amalgame est moins scandaleux dans la mesure où de fait les deux notions recouvrent notamment et éventuellement des situations parfois identiques (une relation intime entre une personne adulte et une autre n’ayant au contraire pas achevé sa puberté). Les deux notions restent cependant différentes dans la mesure où la pédérastie désigne une institution socialement admise principalement orientée vers les jeunes hommes, qui n’a plus cour aujourd’hui d’autant plus qu’elle se voyait amalgamée avec la pédophilie et avec l’homosexualité, alors que la pédophilie désigne une tendance psychologique désignée comme perverse ou criminelle, principalement orientée vers les petites filles ou les petits garçons. Dans tous les cas, si l’objet est parfois le même (un jeune garçon ou ou un jeune homme), l’intention reste différente : l’éducation dans le cas de la pédérastie, publique ou dans tous les cas notoire, par une relation initiatrice et parfois élitiste fondée sur l’élévation d’un pair en devenir par un pair ayant déjà ce statut ; l’intimité affective ou sexuelle dans le cas de la pédophilie, confidentielle voire secrète, par une relation qui relève du viol dans la mesure où l’enfant concerné n’est pas susceptible de formuler un jugement éclairé. Paradoxalement, la relation pédérastique est fondée sur une situation reconnue comme inégale et vise l’égalité en ayant pour objet sa propre dissolution par l’élévation de la partie inférieure (l’enfant) au niveau de la partie supérieure (l’adulte) - c’est donc une relation essentiellement éducative -, alors que la relation pédophile est fondée sur une relation manifestement inégale mais présentée comme égalitaire par la partie supérieure (l’adulte) qui estime ou affirme être l’égal de la partie inférieure (l’enfant) et soutient que c’est librement que les deux parties se sont mutuellement élues - c’est donc une relation où l’éducation n’est pas essentielle, puisque l’enfant est présenté comme ayant déjà son libre arbitre. Le terme même de pédophilie est souvent contesté en cet emploi car il signifie littéralement «l’amour des enfants» : certaines personnes proposent de parler plus justement de pédocriminalité. - Voir Pédérastie (modifié le 6 octobre 2012)




PERSONNES LGBT - Personnes lesbiennes, gaies, bi & trans.

Plus précisément - L’appellation de personnes homosexuelles a semblé, dans les années 80, frapper les lesbiennes d’invisibilité et l’appellation de personnes gaies et lesbiennes est alors apparue. Dans les années 90, cette dernière a également semblé exclure les personnes bisexuelles ou transgenres et l’appellation de personnes LGBT est à son tour apparue. Dans les années 2000, cette dernière a elle-même semblé exclure les personnes intersexes (présentant une variation physiologique de l’identité de genre : voir Identité de genre) puis les personnes se revendiquant du queer (voir Queer) et les appellations LGBTI puis LGBTIQ sont ainsi apparues. Au tournant des années 2000 et 2010, certain/e/s militant/e/s ont estimé que ces appellations excluaient à tort les personnes hétérosexuelles : les appellations du type LGBTIQH ou LGBTX sont apparues. Il semble qu’en 2011 on soit au bout de cette démarche nominative et les ricanements sont nombreux dans ce que nous appellerons toujours ici, par commodité, la communauté LGBT, demandant quel nouvel alphabet il faudra adopter lorsqu’on sera de la sorte parvenu à des abréviations qui épuiseront les vingt-six lettres de l’actuel. - Modifié le 6 octobre 2012

3 avril 2011 - Le Xème printemps des associations (Culturcide)
http://culturcide.blogspot.com/2011/04/le-10eme-printemps-des-associations.html
http://www.tjenbered.fr/2011/20110403-79.pdf




PMA - Procréation médicalement assistée.


Plus précisément - Mode de procréation sujet à controverse. - Ajout du 14 octobre 2012




PVVIH - Personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine ou le sida» ou «personnes vivant et vieillissant avec le VIH ou le sida» (sous-entendu : les personnes séropositives ou sidéennes ainsi, éventuellement, que les personnes séroconcernées).

Plus précisément - L’expression est destinée à remplacer les termes séropo, sidéen voire sidaïque qui avaient, à des degrés divers, une connotation péjorative et divisaient les personnes visées entre personnes ayant le sida et personnes étant uniquement séropositives. Cependant, l’expression ajoute également à ces termes, de façon ambiguë, la notion de personnes séroconcernées n’étant pas séropositives mais vivant avec le VIH ou le sida dans la mesure où elles sont solidaires des personnes séropositives ou dans la mesure où elles appartiennent à des populations parmi lesquelles ces dernières sont notablement nombreuses. On pourrait trouver la variation «personnes vivant et vieillissant avec le VIH ou le sida et les hépatites» (en raison du nombre important de personnes coinfectées au VIH et à l’une ou plusieurs des hépatites). - Voir Personnes sidéennes (modifié les 30 septembre 2011 et 6 octobre 2012)




PVVVIH - Personnes vivant et vieillissant avec le VIH ou le sida (voir PVVIH). Appellation qui insiste sur les complications médicales et sociales liées à l’allongement de la durée de vie des PVVIH qui, avec le perfectionnement des traitements apparu depuis les années 2000, tend à rejoindre la durée de vie générale... dans les seuls pays occidentaux, le Tiers Monde restant trop souvent privé des traitements les plus modernes voire parfois de tout traitement.

PERSONNE SÉROCONCERNÉE - Personne porteuse du VIH ou impliquée dans la lutte contre le sida ou appartenant à un groupe à risque.

PERSONNE SÉROPOSITIVE AU VIH (usuellement, PERSONNE SÉROPOSITIVE ou SÉROPO, parfois «S+») - Personne porteuse du VIH. Voir PVVIH.

PERSONNE SÉRONÉGATIVE AU VIH (usuellement, PERSONNE SÉRONÉGATIVE ou SÉRONEG, parfois «S-») - Personne n’étant pas porteuse du VIH. Il convient de préciser que les tests utilisés au début des années 2010 sont désormais fiables six semaines après une éventuelle exposition au VIH (contre trois mois dans les années 90).

Plus précisément - Il existe donc une période de six semaines - parfois dénommée fenêtre de conversion, fenêtre de séroconversion ou fenêtre sérologique - durant laquelle une éventuelle transmission du virus peut ne pas être détectée. Cette période se trouve malheureusement être également celle où la personne nouvellement infectée est la plus contaminante : en effet, les tests classiques détectent non pas la présence du VIH mais la présence des anticorps naturellement produits par le corps humain contre le VIH. Au début de l’infection, durant les six premières semaines en moyenne, ces anticorps sont trop peu nombreux pour être détectés à coup sûr (le résultat du test risque donc d’être un faux négatif) et leur faible nombre laisse toute latitude au virus pour se reproduite à haute vitesse et être massivement présent dans l’organisme, notamment dans le sperme, le liquide préséminal ou le liquide vaginal. Ce mécanisme explique l’importance du dépistage régulier des personnes ayant des rapports sexuels non-protégés. De la part de ces personnes, l’exactitude de la phrase «Je suis séronégatif/ve» est donc aléatoire et la phrase «Six semaines avant mon dernier test qui remonte à telle date, j’étais séronégatif/ve» serait plus appropriée. Les illustrations les plus spectaculaires de l’existence de cette fenêtre de séroconversion sont les séroconversions observées dans l’industrie pornogrpahique où les tests à répétition des actrices et acteurs tiennent lieu, fort abusivement, de politique de prévention, transformant ces malheureuses personnes en gladiatrices et gladiateurs modernes. - Modifié le 6 octobre 2012




PERSONNE SIDÉENNE (SIDÉENNE ou SIDÉEN) - Personne séropositive au VIH ayant atteint le stade sida. Terme peu usité, inventé après l’usage du néologisme à connotation péjorative «sidaïque» par Jean-Marie Le Pen, président du Front national, le 6 mai 1987 sur L’Heure de vérité, émission politique alors diffusée par Antenne 2 (aujourd’hui, France 2). - Voir PVVIH.

PRATIQUES À RISQUE ou COMPORTEMENTS À RISQUE - Pratiques ou comportements susceptibles d'entraîner, en particulier, une contamination par le VIH.

Plus précisément - En matière de prévention du VIH et du sida, l’injection de drogues par voie intraveineuse à l’aide de seringues partagées ou, lors de rapports sexuels, le contact entre un liquide séminal, préséminal ou vaginal et une muqueuse (vagin, anus, bouche, œil) sont reconnus comme des pratiques ou des comportements favorisant la transmission du VIH. Au-delà de cette simple énumération, la notion de pratiques ou de comportements à risque (le terme de comportement semblant parfois moins moraliste) a voulu remplacer celle de groupes ou de populations à risque, parfois vécue comme stigmatisante ou inefficace. Elle a elle-même fait l’objet d’une critique similaire (notamment parce qu’elle s’appuyait souvent sur une échelle des risques qui hiérarchise les gravités potentielles de telle ou telle pratique sans tenir compte de la répétition de ces pratiques dans le temps, l’exemple-type étant celui de la fellation qui est x fois moins risquée que la sodomie mais qui, si elle se trouve répétée x fois, devient finalement aussi risquée). Elle se trouve donc, à son tour, parfois remplacée par celle d’instants ou de moments à risque, quand ce n’est pas la notion de groupes à risque qui revient au goût du jour au nom d’un certain pragmatisme qui refuserait les postures moralisantes. - Voir Groupes à risque et Instants à risque (modifié le 6 octobre 2012)




PRÉVENTION (PRÉVENTION DU VIH ET DU SIDA) - Ensemble des politiques mises en œuvre pour réduire le nombre de transmissions du VIH (prévention auprès des personnes séronégatives ou prévention primaire) ou le nombre de passage au stade sida (prévention auprès des personnes séropositives ou prévention secondaire). On distingue parfois la prévention tertiaire (prévention auprès des personnes séropositives connaissant leur statut sérologique) de la prévention secondaire, alors réduite à la prévention auprès des personnes séropositives ne connaissant pas leur statut (et dont le nombre est estimé à 50.000 en France).

PROCÈS STALINIEN - Mise en accusation publique (humiliante et fallacieuse) d'un/e opposant/e afin de l'éliminer.

Plus précisément - Historiquement, procès intenté par le dictateur communiste Staline en URSS (Union des Républiques socialistes soviétiques) à l'encontre d'un ou plusieurs de ses opposants, marqué par une absence totale de défense et par un acharnement du procureur à humilier ces derniers, préalablement soumis à la torture, en les accusant de tous les maux du régime. Se pratique fréquemment - à une moindre échelle puisqu'il n'est plus exactement question d'éliminer physiquement, si ce n'est du tableau, les victimes - dans le milieu associatif où la valeur dominante est alors la lâcheté, les témoins se partageant entre la contemplation de leurs chaussures et la participation sadique ou intéressée à la curée. Le plus souvent, dirigé en réalité contre les tenants du respect des statuts, de la transparence, de l'autonomie associative (à l'égard des partis politiques ou des institutions partenaires) ainsi que des volontés de l'assemblée générale. À noter : les procès staliniens sont presque toujours gagnés par leurs auteurs car leur personnalité perverse les amène à sentir les foules et à savoir quand les lancer et qui flatter, intimider, abuser ou acheter avant leur tenue. À l'inverse, les victimes des procès staliniens ne voient presque jamais venir le coup car leur personnalité crédule les amène à croire que l'essentiel est le débat public. Le moyen le plus prudent de sortir d'un procès stalinien associatif est de faire sous soi en démissionnant de tous ses mandats et en faisant publiquement son autocritique (qui devra, cela va sans dire, louer les vertus et notamment la clairvoyance du Cher Dirigeant). Il est, rarement, possible de prévenir les procès staliniens en réagissant dès le premier signe précurseur qui est, infailliblement, l'impression de parler pour ne rien dire ou de n'être pas écouté, si ce n'est gentiment, comme l'idiot du village (fuir ou porter avec éclat sur la place publique). - Ajout du 2 octobre 2012, modifié le 6 octobre 2012



RÉPUBLIQUE (FRANÇAISE) - Cadre institutionnel hérité de la Révolution française ouverte en 1789, régulièrement invoqué en France soit par la classe dominante (pour protéger son droit à dominer), soit par la classe dominée (pour défendre son droit à ne plus être dominé). Compromis déséquilibré trouvé entre ces deux classes pour transposer la guerre civile qu'elles se livrent depuis 1789 du champ militaire au champ philosophique, culturel, juridique et politique.

Plus précisément - Notre traducteur anglais peinant régulièrement à comprendre l'usage que nous faisions du terme «république» (entendu ici comme synonyme de «République française» ou de «République» avec une majuscule), il a bien fallu admettre que ce terme tel qu'il est admis en France n'était pas aisément traduisible à l'étranger et devait donc faire l'objet d'une définition ad hoc. Une telle définition est d'autant plus difficile à rédiger que selon les circonstances et les locuteurs, le terme en question ne veut pas dire la même chose ou n'est pas utilisé de la même façon. «La République» (en France, disons-le ici une fois pour toutes), pour les un/e/s, c'est une promesse d'égalité faite lors de la Révolution française en 1789 et rappelée à la Libération en 1945, garantissant aux masses laborieuses le droit au travail et l'accès à la propriété; pour les autres, c'est un cadre juridique garantissant aux possédants que la loi protègera leur propriété en échange d'un certain partage de cette propriété. Il en découle que le terme de République peut avoir (au moins) quatre sens: lorsque les possédants l'utilisent, ils peuvent l'invoquer de façon laudative («la République qui garantit la paix sociale et la stabilité...») ou péjorative («la Ripoublique inefficace qui promeut les incompétents et les arrivistes...»); lorsque les dominé/e/s l'utilisent, ils peuvent pareillement l'utiliser de façon laudative («la République qui nous garantit l'égalité...») ou péjorative («la Ripoublique qui pratique le double-discours et favorise les riches...»). Notons que, paradoxalement, deux discours anti-républicains tout à fait opposés l'un à l'autre peuvent converger. De façon dérivée, les expressions d'«exigence républicaine» ou de «valeurs républicaines» sont tout autant polysémiques et peuvent renvoyer au respect du droit de propriété («Il faut respecter l'État de droit», dira-t-on plus subtilement) aussi bien qu'au respect du suffrage universel ou du nébuleux tryptique «Liberté, égalité, fraternité» (entendu comme cadre davantage formel que réel, c'est-à-dire davantage comme une obligation de moyen que de résultat). Pour mention, une ironie de l'histoire veut que le terme d'État soit aujourd'hui couramment utilisé - en France - de façon globalement équivalente à celui de République (bien qu'il n'en soit pas toujours allé de même, en particulier entre 1940 et 1945 où le régime dit de l'«État français», profondément hostile à la notion même de République française, était dirigé par le maréchal Pétain et collaborait avec l'Allemagne national-socialiste). Voir Universalisme républicain - Ajout du 9 juillet 2014 (modifié le 10 juillet 2014)



RISQUE - Voir Groupes à risque, Pratiques à risque, Instants à risque.

QUEER (ou THÉORIE QUEER, parfois MOUVANCE QUEER) - Contestation des normes de genre.

Plus précisément - Théorie ou mouvance selon laquelle les notions de genre, d’identité de genre et d’orientation sexuelle doivent être mises en question voire combattues au nom de la liberté de chaque personne de se définir comme elle l’entend - ou de refuser comme elle l’entend - de se définir du point de vue de son genre et de ses attirances ; de la liberté de s’affranchir des conditionnements sociaux voire parfois biologiques ; de la liberté d’aimer qui l’on veut et d’avoir des relations sexuelles avec qui l’on veut et qui le veut sans avoir à se classer dans telle ou telle catégorie relevant des sciences sociales ou naturelles. Elle ne paraît pas étrangère, par ailleurs, à l’idée d’utérus artificiel. La théorie ou mouvance queer conteste ainsi radicalement le droit de la science à porter un regard - dénoncé au mieux comme intrusif, au pire comme normatif - sur l’intimité de la personne humaine. À l’inverse, elle promeut l’expression artistique, parfois portée de manière choquante ou surprenante sur le corps même de ses interprètes, semblant préférer l’expression à l’analyse. Issue des théories du genre, la théorie queer vient ainsi, d’une certaine façon, la dépasser voire la contester, sur sa gauche en quelque sorte. La notion de métrosexualité (sorte d’ambiguïté de genre fondée sur une apparence physique et vestimentaire voire sur une sexualité détachées des clichés de genre) est parfois considérée comme le prolongement grand public de la théorie queer ou «du» queer. - Voir Genre et Homosexualité (modifié le 6 octobre 2012)




SÉROCONVERSION (AU VIH) - Passage du statut séronégatif au statut séropositif. Plus couramment, infection ou contamination au VIH.

Plus précisément - Concernant le VIH, aucune séroconversion en sens contraire n’a été observée sauf, récemment, dans le cas d’une personne ayant subi une greffe de moëlle osseuse de la part d’une personne naturellement immunisée contre le VIH en raison d’une mutation génétique rare. La charge virale indétectable souvent obtenue grâce aux traitements disponibles depuis les années 90 et 2000 (trithérapies ou multithérapies) est parfois considérée à tort comme une telle séroconversion : si elle rend effectivement la personne infectée moins contaminante, le virus reste présent dans les réservoirs qui font actuellement l’objet principal de la recherche scientifique. Par ailleurs, un échappement thérapeutique (situation dans laquelle le virus échappe à tout traitement et se multiplie à nouveau) reste possible et advient dans 3 à 5% des cas. - Modifié le 6 octobre 2012




SÉROPOSITIVITÉ AU VIH (usuellement, SÉROPOSITIVITÉ) - État positif consécutif au test de dépistage du VIH, indiquant la présence de ce dernier. Par extension, condition des PVVIH.

SIDA - Syndrome de l’immunodéficience acquise (appellation reprise en France en 1982 de son équivalent anglophone «AIDS», pour «Acquired Immunodeficiency Syndrome», créée la même année aux États-Unis d’Amérique afin de décrire un syndrome observé depuis la fin des années 1970 et plus particulièrement depuis juillet 1981).

Plus précisément - Le sida correspond à un stade avancé de l’infection par le VIH ; en l’absence de traitement adéquat, ce stade est généralement mortel dans les six mois qui suivent sa déclaration. Depuis la fin des années 1990, les trithérapies semblent permettre aux PVVIH qui sont dépistées avant le stade sida de retrouver une espérance de vie comparable à celle de la population générale (les graves et nombreux effets secondaires de ces traitements, ainsi que la persistance «à bas bruit» de l’infection par le VIH, causent cependant un vieillissement précoce et notamment une exposition précoce à certaines affections cardiaques, cérébrales, osseuses ou hépatiques, notamment cancéreuses). - Voir PVVIH et VIH (modifié le 6 octobre 2012)




TPG - Transpédégouine(s).

Plus précisément - Les militant/e/s homosexuel/le/s et transgenres ont longtemps, si ce n’est toujours, cherché à se dénommer par d’autres termes que les insultes qui leur étaient habituellement réservées, le terme d’homosexuel/le lui-même, malgré son apparente neutralité, posant plusieurs problèmes dont le moindre n’est pas son originale médicale. Le sigle LGBT* a été forgé en ce but dans les années 90 et 2000 mais il pose à son tour d’autres problèmes que le terme transpédégouine, lui-même abrégé en TPG, s’efforce de résoudre au début des années 2010... sans pour autant épuiser le débat, notamment parce qu’il ignore la dimension bisexuelle ou le concept des HSH*, se limitant plus ou moins explicitement aux personnes qui s’assument comme trans, pédé ou gouine. - Ajout du 13 juillet 2011 (modifié le 6 octobre 2012)




UNIVERSALISME RÉPUBLICAIN («UR») - Garantie (théoriquement...) apportée par la République française à chacun de ses membres qu'il bénéficiera des mêmes droits que les autres (la question, pourtant cruciale, de l'effectivité de ces droits étant plus ou moins laissée de côté: il s'agit d'abord d'une garantie formelle, juridique; non d'une garantie réelle, sociale). Fondement du pacte républicain à la française. Compromis (permettant la suspension officielle de la guerre civile ouverte avec la Révolution française en 1789 et réouverte avec la Commune en 1871 puis avec la Libération en 1945) selon lequel les classes dominante & dominée (possédante & laborieuse) n'ont pas à être en conflit (n'ont plus à combattre ou respectivement à faire la Révolution) puisque la République issue de cette Révolution (celle «de 1789», bien qu'une telle datation soit sujette à débat) garantit à la seconde que l'écart qui la sépare de la première ira se réduisant (la Révolution n'a pas été faite pour rien) & à la première que cet écart ira se maintenant («la Révolution est finie», comme le disait Napoléon: elle n'a pas aboli la propriété privée ou n'est pas allée jusqu'au partage intégral des biens, elle n'a pas supprimé le principe de domination c'est-à-dire que la légitimité d'une hiérarchie sociale n'est plus officiellement contestée). Les principaux droits garantis par l'UR sont donc, pour la classe possédante, son droit à la propriété, et, pour la classe laborieuse, son droit au travail (c'est-à-dire son droit d'obtenir, en échange de sa disposition à travailler, un revenu lui permettant non seulement d'entretenir sa force de travail mais aussi d'accéder à la propriété: on voit ce qu'il en est).

Plus précisément - Selon certaines théories du contrôle social*, l’universalisme républicain («UR») est un mythe (spécifiquement français) selon lequel il n’existerait qu’une seule communauté au sein de la nation (comprendre: au sein de la nation française): la «communauté nationale». Dans ce cadre, la reconnaissance d’autres communautés au sein de cette nation - a fortiori l’octroi de certains droits à ces autres communautés - entraînerait sa dissolution, c'est-à-dire la réouverture de la guerre civile et la disparition apocalyptique de la «France éternelle» (vue comme une entité quasi-biologique syncrétisant la Gaule de Vercingétorix, la monarchie absolue de Louis XIV et la Vème République du général de Gaulle, un tel concept permettant d'occulter la promesse radicale d'égalité faite par certains acteurs de la Révolution française). L’UR serait ainsi un instrument de contrôle social qui, en dénonçant le communautarisme, permettrait à la classe dominante (souvent présentée comme blanche, masculine, hétérosexuelle et parisienne ou «parisianocentrée») de rejeter les demandes de reconnaissance ou de réparation des minorités ethniques & sociales qu’elle opprimerait, diviserait, pillerait. L'UR serait donc un instrument de négation et de dissimulation des conflits sociaux ou de l'existence d'une lutte des classes en France, rejoignant ainsi (paradoxalement) l'un des principes de base du facisme, celui de l'unité absolue du «corps national» perçu comme corps biologique. - Voir Contrôle social et République (française) (modifié les 27 septembre et 6 octobre 2012 - modifié le 9 juillet 2014)





VIH - Virus de l’immunodéficience humaine (première observation au microscope électronique le 4 février 1983, publication dans la revue Science du 20 mai 1983). Voir VIH/sida

VIH/SIDA - Le VIH est le virus qui conduit, en l’absence d’un traitement adéquat, au sida (comme le bacille de Koch conduit à la tuberculose).

Plus précisément - Le terme de sida étant davantage connu du grand public et d’ailleurs plus simple à prononcer (si-da au lieu de vé-i-ache qui cumule deux hiatus), on parle souvent de lutte contre le sida voire plus fautivement d’infection par le sida alors qu’il serait parfois plus rigoureux de parler de lutte contre le VIH et d’infection par le VIH. Les expressions «lutte contre le VIH/sida» et «infection par le VIH/sida» se trouvent parfois, dans la littérature écrite scientifique ou associative, pour remédier à cette ambiguïté (sans totalement atteindre ce but, une personne non-avertie pouvant alors imaginer avoir affaire à un troisième mal qui ne serait ni le VIH, ni le sida). - Ajour du 30 septembre 2011 (modifié le 6 octobre 2012)




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