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Une brève histoire
du conflit israélo-palestinien

L’histoire du conflit israélo-palestinien est un champ disciplinaire à part entière et ne constitue pas le cœur de notre apport au salon «Free Palestine». Ainsi, nous limiterons notre exposé à quelques dates qui nous ont semblées clefs, en vous demandant d’excuser l’aspect arbitraire de ce choix.

A. L’Antiquité orientale, du premier au troisième Exode

Dans la Genèse (XVII, 8), l’espace compris entre la Méditerranée et le Jourdain est promis par l’Éternel à l’ancêtre commun des Juifs et des Arabes, Abraham: «À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu.» Le texte perd ensuite les Arabes de vue et nous retrouvons Canaan dans l’Exode (VI, 4), où l’Éternel le promet cette fois aux seuls Hébreux: «J'ai aussi établi mon alliance avec eux pour leur donner le pays de Canaan, le pays de leurs pèlerinages, où ils ont séjourné en étrangers.»

Passons rapidement sur l’exode hors d’Égypte des Hébreux (quelque part entre 1200 et 1600 avant Jésus-Christ) et leur conquête consécutive de Canaan au détriment notamment du peuple philistin, ainsi que sur leur second Exode (cette fois-ci vers Babylone, époque de rédaction du psaume 137 du Livre des Psaumes: «Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche...», qui a donné cet hymne immortel du disco, sur lequel des générations d’homosexuels ont dansé: «By the Rivers of Babylon...»), pour arriver à la conquête romaine qui s’achève en 135 après Jésus-Christ, au terme d’une ultime résistance des Juifs qui sont alors chassés de Jérusalem et de ses environs - c’est le troisième Exode. La province romaine de Judée est renommée Palestine, d'après le nom du peuple philistin, afin d'humilier la population juive (une sorte de match-retour, en quelque sorte...). C’est l’apparition du terme de Palestine qui persiste de nos jours car lorsque les Musulmans prirent la ville aux Byzantins, ils conservèrent simplement l'appellation romaine de la région. À cette époque naît la célèbre prière juive, «L’an prochain à Jérusalem...»

B. Le second Retour et la Nakbah: des prémisses à la proclamation de l’État contemporain d’Israël

Nous arrivons en 1897, date du premier Congrès sioniste à Bâle, en Suisse: après plusieurs siècles de persécutions sous les dominations romaine, chrétienne ou musulmane, certains descendants ou héritiers des Juifs chassés de Judée se donnent pour objectif politique d’y revenir (notons au passage l’absence de caractère religieux de cet objectif ; bien au contraire, il constitue une hérésie aux yeux des Juifs religieux qui considèrent que seul le Messie - le vrai, c’est-à-dire, à leurs yeux, pas Jésus - pourra conduire le peuple juif vers la Terre promise). Des colonies juives s’établissent en Palestine ottomane. En 1917, Lord Balfour, ministre britannique des affaires étrangères, souhaite l'établissement en Palestine d'un «foyer national juif».

Début 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, le régime nazi tient la conférence de Wannsee afin de planifier, selon le titre du livre de l’historien Raul Hilberg, la «destruction des Juifs d’Europe», qui fera environ six millions de morts entre 1942 et 1945. Bien évidemment, la Shoah n’est pas directement liée au confit israélo-palestinien: l’État d’Israël n’existait pas, la Palestine était sous mandat britannique, la Shoah ne s’est pas déroulée sur le sol palestinien. Pour autant, l’histoire et plus précisément la mémoire de la Shoah sont instrumentalisées, quasiment détournées, par l’État d’Israël pour justifier sa fondation, d’une part, et sa prétention à être un État juif, d’autre part.

Fin 1947, le plan de partage de la Palestine est approuvé par les Nations unies. Le 9 avril 1948, le village arabe de Deir Yassin, dans la banlieue de Jérusalem, est attaqué par des unités militaires juives: entre 100 et 120 Palestinien/ne/s, parmi lesquel/le/s des combattants faits prisonniers mais aussi des femmes et des enfants, sont exécuté/e/s. Ce massacre est emblématique de la période dénommée Nakbah au cours de laquelle les Palestinien/ne/s sont largement chassé/e/s des territoires qui deviendront israéliens : il suscite une indignation qui restera purement verbale de la communauté internationale. Le 2 décembre 1948, plusieurs personnalités juives étatsuniennes dont Albert Einstein - que l’on qualifiera difficilement d’antisémite - dénoncent «l’apparition d'un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis nazi et fascistes».

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion déclare l'indépendance de l'État d'Israël. Au terme d’une première guerre, cet État, qui devait initialement s’étendre sur un peu plus de la moitié de la Palestine mandataire, en occupe plus des deux tiers, s’étendant sur le territoire qui lui est généralement attribué aujourd’hui par les cartes que l’on observe dans les médias (on parle de l’État d’Israël «dans les frontières de 1967», puisque c’est alors qu’elles seront dépassées): restent la Cisjordanie et Jérusalem-Est, administrées par la Jordanie, et la bande de Gaza, administrée par l’Égypte.

C. De la Guerre des Six-Jours à nos jours: l’expansion sans fin du colonialisme israélien

En 1967, Israël attaque l'Égypte & la Jordanie qui perdent le contrôle de ces territoires, lesquels font depuis l’objet d’un colonialisme de peuplement israélien qui ne paraît pas borné dans ses objectifs: les zones de peuplement palestiniennes, de plus en plus résiduelles, sont réduites au statut de bantoustans (ces pseudo-États créés par l’Afrique du Sud pour mieux limiter les libertés fondamentales des populations noires, à commencer par la liberté de circulation) et le but ultime de l’État d’Israël semble être en réalité d’expulser simplement les Palestinien/ne/s hors de ces zones. Quant au statut des Palestinien/ne/s résidant à l’intérieur des frontières généralement reconnues à l’État d’Israël entre 1948 et 1967, leur statut administratif est morcelé et leur statut politique bridé ; la légitimité de leur présence pourtant multiséculaire est violemment contestée jusqu’au plus haut sommet de l’État israélien (encore récemment, la présidente du Parlement israélien a coupé la parole à un député palestinien de nationalité israélienne, lui reprochant son manque de patriotisme...).

Nous n’évoquerons pas ici les différentes guerres conduites par Israël au Liban, les deux Intifadas et les multiples agressions du style «Plomb durci» (sic) ou «Bordure protectrice» (re-sic) qui s’apparentent à une politique prédéfinie d’élimination périodique des éléments les moins soumis du peuple palestinien - un peu comme un éleveur de moutons qui en tondrait régulièrement la laine... Le décor étant posé, venons-en au cœur de notre objet : le pinkwashing.

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Page créée le 6 octobre 2014

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